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mardi 31 octobre 2006, par bassel

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Ils vivent dans des foyers, en transit chez des amis ou dans la rue, mais sont-ils forcément portés sur la bouteille ? Qui sont les sans-domicile les plus alcoolo-dépendants ? Les femmes à la rue se laissent-elles tenter par l’alcool ? Trois chercheurs de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) se sont basés sur une enquête de l’Insee pour mieux connaître le rapport à l’alcool de ceux qui n’ont plus de chez eux. Après avoir épluché plus de 4 000 questionnaires, ils remettent en cause des stéréotypes et pointent les éléments qui pourraient aider à ne pas sombrer.

La consommation.
« Les sans-domicile apparaissent de prime abord moins consommateurs que la population générale du même âge », écrivent les chercheurs. « C’est ce qui nous a le plus surpris, avoue François Beck, coauteur de l’étude. L’usage de l’alcool n’est pas forcément plus répandu dans cette population-là, alors que ce n’est pas l’impression que l’on a. » Parmi les sondés, 50 % déclarent consommer de l’alcool et 50 % se disent abstinents ou disent ne boire qu’occasionnellement. En revanche, ceux qui reconnaissent « avoir besoin d’alcool le matin pour être en forme » sont trois fois plus nombreux (7 %) que dans la population générale (2 %).

Le logement.
« Le logement pourrait être un élément plus déterminant pour le comportement d’alcoolisation que le type de ressources. » Ainsi, « les sans-abri apparaissent nettement plus consommateurs que l’ensemble des personnes sans domicile fixe à tous les âges » . Ceux vivant en foyer boivent moins que ceux qui dorment à l’hôtel. Eux-mêmes buvant moins que ceux « vivant dans un logement obtenu par relation », qui boivent moins que ceux « vivant dans un habitat de fortune ». François Beck résume, « les moins précarisés n’ont pas de problème particulier avec l’alcool, mais c’est une population très fragile ». A la moindre dégradation de leur situation, l’alcool « peut trouver sa place ».
Les femmes. Dans la rue, les hommes boivent en groupe, les femmes en cachette. La population féminine sans domicile consomme moins que les hommes, mais les alcoolo-dépendantes boivent souvent seules alors que l’alcool permet aux hommes sans domicile de se retrouver en groupe. « Certaines femmes boivent avec les hommes, explique François Beck, mais leur place au sein du groupe de buveurs n’est pas facile à tenir. Elles souffrent d’un regard très moralisateur. »

Les étrangers.
« Les étrangers apparaissent nettement moins consommateurs que les Français. » Ils sont 64 % à se déclarer non-consommateurs contre 46 % chez les Français. Motifs culturels ? Religieux ? Les chercheurs l’ignorent, mais ils constatent qu’après dix ans dans l’Hexagone, les niveaux de consommations sont « similaires à ceux des Français ».

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