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Enregistrer au format PDF Femmes alcooliques et problèmes cognitifs

dimanche 6 mai 2007, par amjad

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Les chercheurs et les cliniciens savent déjà que les femmes semblent subir davantage de « dommages » physiques que les hommes à cause de l’abus chronique d’alcool et ce, même si elles consomment moins d’alcool depuis moins longtemps. Une nouvelle étude vient de montrer que les femmes alcooliques pourraient également subir des dommages cognitifs plus importants que les hommes alcooliques.

Les résultats en question ont été publiés dans le numéro du mois de mai 2007 de la revue Alcoholism : Clinical & Experimental Research.

« De façon générale, le terme “téléscopage” fait allusion au fait que les femmes éprouvent les conséquences physiologiques néfastes de la dépendance à l’alcool plus tôt dans leur carrière de buveuses et sous l’effet d’une consommation moins importante d’alcool que les hommes », a expliqué la Dre Barbara A. Flannery, chercheuse chevronnée aux Research Triangle Institute (RTI) international et auteure de l’étude.

« Par exemple, les femmes éprouvent davantage de conséquences hépatiques, cardiaques et cardiovasculaires que les hommes », a-t-elle dit.

« Malgré ce que nous en savons sur les effets délétères de l’alcool sur le cerveau, ses effets plus subtiles sur la fonction cognitive et la structure cérébrale ont été plus difficiles à évaluer », a affirmé le Dr James C. Garbutt, professeur de psychiatrie et chercheur au Bowles Center for Alcohol Studies de l’Université de la Caroline du Nord.

« Toutefois, grâce à des techniques d’imagerie neurologique de plus en plus puissantes, les changements dans la fonction et la structure cérébrales peuvent être détectés tôt dans l’évolution de l’alcoolisme », a précisé le Dr Garbutt.

« De plus, on peut avoir recours à des mesures neuropsychologiques pour tenter de faire le lien entre une diminution de la performance et une pathologie cérébrale. Ces techniques ont ouvert la porte à une nouvelle perspective sur l’alcoolisme et son traitement », a-t-il ajouté.

« Par exemple, il est de plus en plus clair que les changements anatomiques et fonctionnels se produisent avant l’apparition d’une démence évidente. »

Aux fins de cette étude, les chercheurs ont comparé la capacité de quatre groupes – hommes et femmes alcooliques d’origine russe et hommes et femmes non alcooliques du groupe témoin – à effectuer une série de tâches neurocognitives conçues pour évaluer les facultés suivantes : vitesse motrice, traitement de l’information visuoperceptuelle, traitement de l’information visuospatiale, prise de décision et flexibilité cognitive.

Les participants ont été recrutés dans le Centre régional pour les dépendances de Leningrad et l’Université médicale Pavlov.

« Dans l’ensemble, les femmes alcooliques ont eu de pires résultats aux tests de mémoire visuelle, de planification spatiale, de résolution des problèmes et de flexibilité cognitive que les hommes », a dit la Dre Flannery.

Selon cette dernière, ces déficits tombent dans la catégorie du fonctionnement exécutif, un niveau de fonctionnement supérieur qui implique l’intégration d’aptitudes cognitives primaires.

« Les déficits de fonctionnement exécutif ont un effet plus étendu sur les capacités de fonctionnement quotidiennes de l’individu », a précisé la Dre Flannery.

« Par exemple, les difficultés liées à la résolution des problèmes pourraient nuire à la capacité de l’individu de planifier et d’exécuter une stratégie pour surmonter un dilemme dans sa vie quotidienne. »

Ces résultats portent à croire que les femmes risquent de présenter des problèmes cognitifs plus rapidement que les hommes, a averti le Dr Garbutt.

« Ces résultats sont particulièrement intéressants parce qu’il s’agit ici d’une population de buveurs relativement ‘‘purs’’. Ce point est important parce que les études sur l’alcoolisme se heurtent souvent au fait que de nombreux alcooliques consomment également d’autres drogues comme la marijuana ou la cocaïne, lesquelles peuvent causer le même genre de problèmes cognitifs que l’alcool. Ces résultats indiquent que l’alcoolisme donne lieu à des déficits cognitifs spécifiques. »

Selon les Drs Flannery et Garbutt, ces résultats font s’étendre le concept du « téléscopage » physiologique de sorte à inclure celui du « téléscopage » cognitif ; autrement dit, il semble que le déclin physique et cognitif que connaissent les femmes alcooliques se produise plus rapidement et sous l’effet d’une consommation moins importante d’alcool que chez les hommes.

« Les femmes, les adolescentes et les étudiantes universitaires qui boivent trop doivent prendre conscience du fait que l’alcool leur nuit davantage qu’aux hommes tant sur le plan physique que cognitif – et il leur incombe de faire preuve de modération. »

Le Dr Garbutt abonde dans le même sens : « Spécifiquement, cette étude nous révèle que la consommation excessive d’alcool peut nuire aux facultés intellectuelles de l’individu. Sachant cela, certaines personnes pourraient être motivées à éviter des comportements destructeurs en ce qui a trait à l’alcool. De plus, le constat de la plus grande sensibilité des femmes à ces effets pourrait contribuer à mieux cibler le counselling et les communiqués d’intérêt public destinés aux femmes. »

Source : University of North Carolina

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